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Manufacto, la fabrique des savoir-faire

Les élèves de TPM découvrent l’artisanat à l’école

Manufacto, la fabrique des savoir-faire mise en place nationalement par la Fondation d’entreprise Hermès et pilotée localement par la villa Noailles, se poursuit dans les écoles de la Métropole TPM en 2019-2020. Cette opération à la fois humaine et pédagogique permet de valoriser le développement contemporain des métiers de la main et sensibiliser les élèves aux différents savoir-faire artisanaux. Un vrai succès !

Faire connaître et valoriser les métiers de l’artisanat

C’est la 3ème année que la villa Noailles coordonne, pour la Métropole, l’opération Manufacto dans les écoles de TPM. Cette année, se sont quatre établissements du territoire qui se sont portés volontaires pour mener à bien l’opération au sein de leur établissement. Il s’agit à Toulon du collège Maurice Genevoix avec une classe de 4ème, du lycée Bonnaparte avec une classe de 2nd option histoire des arts, du collège Voltaire avec une classe de 5ème et enfin, à Hyères, de l’école Vieux Salins avec une classe de CE2, CM1 et CM2.

Manufacto, quèsaco ?

Lancé en 2016, ce programme de la Fondation d’entreprise Hermès, en collaboration avec les Compagnons du Devoir et du Tour de France, et en partenariat avec l’école Camondo et la villa Noailles, vise à valoriser les métiers de l’artisanat auprès du public scolaire.

L’objectif est de faire connaitre et valoriser les métiers de la main aux élèves et aux enseignants, parce que ce sont des professions qui se perdent et qui pourtant ont un bel avenir en France. Rapporte la responsable de la médiation culturelle qui pilote le projet à la villa Noailles.

Au fil de cet apprentissage, la villa Noailles avec la mise en œuvre de ce programme, entend ainsi changer le regard sur la filière artisanale, voire, pourquoi pas, ouvrir des perspectives en matière d’orientation. 

« Souvent on entend dire aux élèves qui veulent aller vers les métiers de l’artisanat : mais non, passe ton bac et après tu verras. On tente d’enrayer ces premiers freins et de montrer qu’il y a des filières de qualité qui mènent à l’excellence de ces métiers. » Ajoute-t-elle.

Un trio de professionnels pour encadrer

Dans le cadre du projet Manufacto, les élèves sont ainsi invités à réaliser un objet de belle facture, exigeant dans sa conception, au cours d’un cycle d’ateliers de pratiques techniques. Concrètement, c'est un artisan qui mène l’atelier, assisté d’un étudiant en design et d’un enseignant.

Cette année, se sont trois artisans de la Métropole qui participent au projet : 

  • Joëlle Gaillochon, artisan sellier-garnisseur,
  • Anna Barone, artisan sellier-garnisseur et restaurateur,
  • Jean-Michel Martinez, peintre en décors et plasticien du patrimoine.

Des artisans motivés et fiers de faire connaître les gestes de leur métier

"C’est valorisant pour les élèves et pour moi, car je peux transmettre mon métier. J’adore ça !" S’exprime Anna Barone.

Tous trois sont assistés par deux étudiantes de l’ESADTPM et deux étudiantes de l’école CAMONDO Méditerranée (récemment installée à Toulon) qui ont été préalablement formées par les artisans lors d’un stage organisé à la villa Noailles. Une expérience riche d’enseignements pour ces jeunes femmes :

« J’aide. Mon rôle c’est d’être auprès des élèves et de leur montrer les bons gestes. Pour moi, c’est une chance de participer à ce projet dans le cadre de mes études, d'être au côté d’un artisan, de mettre les mains à la pâte et de donner le savoir à des gens plus jeunes que moi. » Expose Cécile Ruet, étudiante de CAMONDO.

Avec leur aide et celle de leurs professeurs, les élèves découvrent ainsi les matières, le maniement des outils, les gestes créateurs…

« Je trouve ce projet très intéressant, car pour nous professeurs, cela nous permet d’avoir une approche différente de nos élèves. Nous les voyons évoluer dans un autre cadre que celui plus institutionnel du programme scolaire, dans une pratique manuelle où, nous-mêmes, pouvons être en difficulté, et où, souvent, les élèves viennent nous apporter de l'aide et nous expliquer des choses. » Rapporte Sandrine Samier, professeur de français au collège Maurice Genevoix à Toulon.

Pour certains des vocations 

Ils accèdent à des compétences et peuvent aussi, pour certains, trouver leur vocation.

C’est une façon moins scolaire d’entrer dans les apprentissages parce qu’ils font vraiment un lien entre ce qu’ils apprennent à l’école et la façon dont ça peut leur être utile dans leur vie de tous les jours. S’exprime Myriam Farsac, coordinatrice du réseau REP+.

« Au niveau de l’orientation des élèves, c'est un projet porteur ! ça leur montre différentes opportunités pour la suite. Cette année, par exemple, j’ai deux élèves de 3ème qui avaient fait Manufacto l’année dernière et qui partent en stage au sein de l’entreprise de l’artisan menuisier qui était venu en cours. Et j’ai un 3ème élève qui est intéressé pour faire les compagnons du devoir suite à ce projet. » Témoigne à son tour Moumen Faouzi, professeur de technologie au collège Maurice Genevoix.

Douze séances pour réaliser son objet

Dès lors, Manufacto se déploie à raison de douze séances de deux heures par classe, pendant le temps scolaire, au sein des établissements. Planifiées avec les professeurs, ces interventions s’étendent sur une durée de quatre à cinq mois, de novembre à mai. Cette inscription dans la durée a pour but de faire de cette initiation une expérience humaine et pédagogique structurante.

« Aujourd’hui, c’est notre 3ème séance avec les élèves. On réalise un coussin ghetto-blaster, comme si nous étions dans un véritable atelier! Nous allons faire la taille de la mousse avec une carde, casser les angles pour l’arrondir et lui donner une forme harmonieuse. Pour ce faire, les élèves vont être en autonomie avec leur gabarit et nous allons être là en appui pour leur montrer les gestes ». Explique Anna Barone, lors d’une séance en classe de 4ème au collège Maurice Genevoix.

Les objets Manufacto : à chaque niveau correspond un objet spécifique, spécialement imaginé par le duo de designers Caroline Ziegler & Pierre Brichet, du Studio BrichetZiegler, enseignants à l’école Camondo, selon un cahier des charges exigeant.

À mi-parcours, une visite d’atelier offre l’opportunité aux élèves de s'initier in situ à la réalité du métier.

Conçu par l’équipe encadrante et mis en images par l’illustratrice Mathilde Brunelet, un carnet de bord ludique est remis à chaque élève au début du projet. Il l’accompagne dans sa compréhension des matières, des outils et des gestes nécessaires à la fabrication artisanale de son objet.

Plaisir de faire et fierté 

À l’issue du cycle, chaque élève conserve l’objet qu’il a lui-même réalisé de A à Z. Il s’agit d’un objet de belle facture, dont ils sont fiers.

C’est super parce que c’est un objet qu’on a fabriqué nous-même et qu’on peut emporter chez nous, c’est une satisfaction et une fierté. Explique Salomé, élève de 4ème du collège Maurice Genevoix.

« On apprend des choses que jamais on aurait fait chez nous, et on apprend aussi le nom de certains outils ! ». Ajoute Clara.

« C’est un objet utile, on va s’en servir tout le temps ! ». S’expriment Lara et Alicia.

En effet, si l’objet fini est un objectif, les étapes de sa réalisation promettent à l’élève des moments de rencontres, de découvertes et de plaisir de faire. Et c’est aussi là que réside le secret de la réussite d’une telle opération.

Cerise sur le gâteau, toutes ces séances convoquent aussi les valeurs de l’artisanat telles que : l'exigence, la qualité, le travail en équipe et renforcent la confiance en soi.

Valoriser le travail accompli 

Au terme de l’année, la présentation des objets réalisés est un moment important pour valoriser le travail accompli par chacun. Le gain de confiance en soi, le changement des regards dans la classe, le plaisir éprouvé dans le travail voire la découverte de compétences insoupçonnées sont autant de bénéfices susceptibles d’influer dans la suite des parcours scolaires de chacun.

« Les élèves sont très fiers à la fin et moi aussi ! En effet, certains, en difficulté scolaire, ont prouvé que manuellement ils ne l’étaient pas. Ils ont découvert en eux quelque chose qu’ils ne soupçonnaient pas ». Conclue Anna Barone
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