Du 31 octobre 2026 au 17 janvier 2027, la Villa Tamaris à La Seyne-sur-Mer accueille Jean Gaumy et la mer, une exposition consacrée à près de 50 ans de photographie. Pêcheurs, pleine mer, marées noires, sous-marins, rivages ou immensités polaires : près de 200 tirages dessinent un voyage entre documentaire et contemplation, enrichi spécialement pour la Villa Tamaris.
Un demi-siècle à regarder le monde
"Je suis photographe depuis longtemps. C’est dans mon ADN. Il me faut toujours un appareil photo à côté de moi. Je refuse que le temps passe sans qu’il ne soit un peu fixé."
En quelques mots, Jean Gaumy résume une relation à la photographie débutée il y a plus de cinquante ans. Membre de Magnum Photos, de l’Académie des beaux-arts et peintre officiel de la Marine, le photographe sillonne mers et rivages depuis le début de sa carrière dans les années 1970. C’est ce regard façonné au fil des décennies que l’exposition invite aujourd’hui à explorer. Le parcours scénographique réunit en effet près de 200 tirages issus des collections de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, en collaboration avec le Musée national de la Marine. Adaptée de l’exposition présentée en 2025 au Musée national de la Marine à Paris-Trocadéro, elle a été spécialement enrichie pour la Villa Tamaris.
De la pleine mer aux sous-marins, une immersion dans l’œuvre de Gaumy
"Je suis plutôt un homme des rivages. Il y a les choses au loin et, parfois, je vais les voir."
C’est précisément ce voyage que propose l’exposition. De la Normandie au Groenland, de l’Andalousie à Long Island et à la Gironde, les visiteurs découvrent les grands sujets maritimes qui traversent son œuvre : la pêche, la pleine mer, les marées noires, les équipages, le huis clos des sous-marins ou encore l’exploration des pôles. Parmi les images présentées figure notamment les naufrages de l’Amoco Cadiz et de l’Erika, les pêcheurs de Long Island, les campagnes à bord des chalutiers ou encore le sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste.
Pensé pour éviter un accrochage trop linéaire, le parcours joue sur les formats et les rythmes. Les images les plus fortes accueillent le visiteur avant de laisser progressivement place à d’autres facettes de l’œuvre, jusqu’à des photographies plus personnelles et contemplatives. La situation même de la Villa Tamaris, face à la mer, prolonge cette immersion.
Photographier l’humain, à hauteur d’homme
Derrière la mer, ce sont surtout les femmes et les hommes que recherche Jean Gaumy. « Je me fonds parmi les gens, je suis avec eux et je reste à hauteur d’homme. » Chalutiers, sous-marins et autres espaces clos lui permettent d’observer les gestes, les relations et la cohésion des groupes au plus près.
Son travail ne se résume pas aux espaces marins mais s’inscrit dans une démarche beaucoup plus vaste. Au fil de sa carrière, le photographe s’est également intéressé aux hôpitaux, aux prisons ou encore à l’Iran et à l’Irak. Qu’il photographie la mer ou d’autres univers, son approche reste profondément liée à la proximité avec celles et ceux qu’il rencontre.
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C’est très étrange d’être photographe. On est un peu " tout seul ensemble ". Il y a de l’empathie et, en même temps, une partie de notre cerveau continue de regarder : on est avec quelqu’un et l’on se dit "Tiens, ce n’est pas mal cadré, cela pourrait faire une photo".
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Jean Gaumy, photographe
Des images entre témoignage et contemplation
« Il y a chez ces gens quelque chose, non pas d’éternel, mais d’universel. Cette universalité m’intéresse. » C’est peut-être ce qui explique l’impression d’intemporalité qui traverse nombre de ses photographies. Peu de marqueurs temporels, des silhouettes, des paysages, des gestes qui pourraient presque appartenir à plusieurs époques.
Du noir et blanc très documentaire, à des images en couleurs plus poétiques, l’exposition montre également l’évolution du regard et des outils du photographe. Certaines photographies, parfois réalisées au smartphone, prennent une dimension presque picturale une fois agrandies. Une manière de rappeler que la force d’une photographie ne tient pas uniquement à l’appareil utilisé, mais avant tout au regard posé sur le monde.
Photographier à l’instinct
Chez Jean Gaumy, les sujets naissent moins d’une stratégie que d’une intuition. « Je fonctionne beaucoup à l’intuition. Je suis un peu comme un chat. » Une idée apparaît, mûrit, devient parfois obsédante, jusqu’à se transformer en série. Certaines se construisent rapidement quand d’autres l’accompagnent pendant de longues années.
Entre force documentaire et images plus contemplatives, l’exposition dévoile un demi-siècle de photographie et une même volonté de saisir le monde dans toute sa complexité.
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La photographie peut paraître compliquée, mais c’est en réalité très naturel. C’est peut-être aussi ce qui fait la richesse des images.
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Jean Gaumy, photogropahe
Cette exposition a été labellisée bi-centenaire de la photographie par le Ministère de la Culture.